Bonjour la France

Extrait gratuit



En août 1943, l’auteur arrive à Paris où il
rencontre Guéorgui Chibanov, une vieille connaissance. Ce dernier l’associe au
travail d’organisation de la Résistance dans les camps de prisonniers de guerre
et civils soviétiques des départements du Nord et du Pas de Calais. L’auteur va
de ville en ville, rencontre des agents de liaison, leur remet des consignes et
des tracts, recueille des comptes rendus, établit des contacts avec les camps
restés hors du réseau. Il fait connaissance avec de nombres personnalités
remarquables dont Vassili Porik, qui manifeste un courage et une vaillance
extraordinaire. Au début de 1944, l’auteur se voit confier une mission de sape
auprès des hommes de Vlassov. En février 1944, la Gestapo envoie des
provocateurs à l’Union des patriotes russes et procède à de nombreuses
arrestations. L’auteur en réchappe par miracle. En mai 1944 est arrêté à Thil
Ivan Troyan, responsable de l’organisation de la Résistance dans le nord-est de
la France. L’auteur nous livre une évocation colorée de la libération de Paris.
À la fin du récit, il obtient enfin l’autorisation de rentrer au pays. En
annexe, des matériaux d’archive récemment découverts nous révèlent les
circonstances tragiques de l’arrestation et de la mort de Vassili Porik.

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À propos de l'auteur

Alexeï Nikolaïevitch Kotchetkov (08-02-1912 – 20-01-1987) fut agronome de formation, combattant de la Guerre civile espagnole, de la clandestinité antifasciste berlinoise et de la Résistance française, journaliste radio, interprète de plusieurs langues européennes, auteur du livre J’irai jusqu’à toi. Il avait huit ans quand son père décéda. Quatre ans plus tard, sa mère se remaria avec un Letton et l’emmena de Moscou à Riga avec ses deux autres enfants. Dès lors, le rêve d’Alexeï fut de rentrer au pays. Diplômé du lycée Lomonossov de Riga, il se rendit à Toulouse pour y étudier l’agronomie. En 1934, il dut revenir en Lettonie pour son service militaire. A Riga, il déposa une demande de retour au pays auprès du consulat soviétique. Puis il décida de continuer ses études à l’Institut national agronomique, Paris, spécialité phytopathologie, afin  de mettre ses connaissances au service de son pays. Employé au laboratoire de Gabriel Bertrand, biochimiste de renom, il adhéra aux Jeunesses communistes, section du Quartier latin, tout en rejoignant le cercle de jeunes de l’Union du rapatriement russe. Il fit la connaissance de Sergueï Yakovlevitch Efron et de sa fille Ariadna, de Vladimir Konstantinovitch Glinoyedski et de beaucoup d’autres « sur-le-retour ». Il se lia particulièrement avec Boris Ilarionovitch Jouravlev. En août 1936, Alexeï, Boris et Platon Balkovenko s’engagèrent pour la guerre d’Espagne à titre volontaire aux côtés des Républicains. Boris resta à Barcelone comme chef d’une batterie d’artillerie en cours de formation, tandis qu’Alexeï et Platon furent envoyés sur le front de l’Aragon. Ils passèrent plusieurs mois devant Huesca, près du village de Chimillas dans un peloton de fusil-mitrailleur. Ils furent tirés de là par Glinoyedski, ex-colonel d’artillerie de l’armée tsariste, conseiller en artillerie à l’état-major du front de l’Aragon, et se retrouvèrent dans une batterie d’artillerie de la 27e division. Au bout de quelques mois, à la demande de Vladimir Konstantinovitch, Alexeï fut nommé interprète auprès des conseillers militaires soviétiques. En août 1938, Alexeï fut blessé par un éclat de bombe aérienne. Au début de février 1939, il passa la frontière française avec les brigadistes et se retrouva dans un camp d’internement près de Saint-Cyprien. Là, il refit une demande de retour au pays. Du camp de Saint-Cyprien, il fut transféré au camp de Gurs et du Vernet. Après l’annexion de la Lettonie à l’Urss, en août 1940, Alexeï devint automatiquement citoyen soviétique. Toutefois, la chose fut compliquée par le fait qu’il avait laissé son passeport letton à Paris au siège de l’Union des Amis de la Patrie soviétique avant son départ pour l’Espagne. Au printemps 1941, des recruteurs allemands firent leur apparition dans le camp du Vernet. Alors, sachant qu’il y avait un consulat soviétique à Berlin, Alexeï  se fit employer pour travailler en Allemagne. En mars 1941, il arriva à Berlin, affecté à l’usine de transformateurs AEG. Il fut d’abord assigné à de rudes tâches manuelles dans l’atelier de galvanisation, puis muté dans l’atelier DS-1 comme livreur de pièces détachées. Cette fonction lui permettait d’aller d’atelier en atelier sans éveiller les soupçons. Il fit connaissance avec de nombreux ouvriers dont un tiers était composé d’étrangers. Il eut des rapports de confiance avec Josif Gnat, de Trebnitz, l’Italien Mario et le Français Joseph, ainsi qu’avec le magasinier de l’atelier DS-3 Friedrich Murawske. Peu après son arrivée à Berlin, Alexeï remplit un formulaire de retour au pays dans les bureaux du consulat soviétique en y joignant sa carte de brigadiste. On lui promit de l’aider, mais l’Allemagne, entre-temps, attaqua l’Union soviétique et les diplomates soviétiques furent évacués. Par l’intermédiaire de Friedrich, Alexeï s’engagea dans une organisation clandestine qui distribuait des tracts et un journal clandestin, Innere Front. Là, Alexeï se lia avec Otto Grabowski. Celui-ci  le chargea de travailler auprès des étrangers. Dans le cadre de sa mission, Alexeï noua des contacts dans les camps d’ouvriers de l’est, contribua à la formation de comités de camp et de groupes de sabotage, rédigea un appel sous la forme d’un tract imprimé sur rotative par Max, frère d’Otto. Lequel tract fut diffusé dans les camps. Otto fut remplacé par l’agent de liaison Herbert Grasse. Alexeï rédigea l’appel  Il y aura un deuxième front ! sur un calque à cire remis par Herbert, mais l’arrestation de Herbert en empêcha la diffusion. En août 1943, Alexeï se rendit à Paris à la faveur d’une permission de dix jours. Il espérait pouvoir combattre le fascisme plus efficacement en France qu’à Berlin. Il parvint à entrer en contact avec une vieille connaissance, Guéorgui Chibanov. Celui-ci proposa à Alexeï d’entrer dans la clandestinité et de s’occuper d’organiser la résistance dans les camps de prisonniers de guerre et civils soviétiques des départements de Nord et Pas de Calais. Alexeï allait de ville en ville, rencontrait des agents de liaison, leur transmettait des consignes et des tracts, collectait les rapports, établissait des liens avec les camps restés hors du réseau. Il connut là de nombreuses personnes remarquables, parmi lesquelles Vassili Porik qui faisait preuve d’un courage exceptionnel. Au début de 1944, Alexeï fut chargé du démantèlement des vlassoviens. En février 1944, la Gestapo parvint à infiltrer un provocateur au sein de l’Union des Patriotes russes, et nombre de leurs membres furent arrêtés. Par miracle, Alexeï échappa à l’arrestation. En mai 1944, à Thil, fut arrêté Ivan Troyan, instructeur chargé de l’organisation de la résistance dans le nord-est de la France. Deux mois plus tard, ce fut le tour de Vassili Porik sur dénonciation de l’un des siens. Ni Troyan ni Porik ne dénoncèrent quiconque. Après la libération de Paris, Alexeï  se retrouva de nouveau dans un camp pour personnes déplacées. Au bout d’une attente interminable, on les transféra à Torgau, en Allemagne, par des avions américains. En zone d’occupation soviétique, on les remit dans un camp. Alexeï était avec Galia, une partisane qui avait été arrêtée par les Allemands. Celle-ci se fit employer comme secrétaire et tapa avec Alexeï de faux permis de retour au pays soi-disant délivrés par les autorités de rapatriement. Alexeï et Galia s’enfuirent du camp et, un mois durant, voyagèrent dans un train qui transportait des traverses. Près d’un camp à fils de fer barbelés, Alexeï et Galia furent retenus par une sentinelle.  Ils se méfièrent. Galia se mit à prier le soldat de laisser son mari partir, disant que sa mère était mourante à la gare. Enfin, l’autre les relâcha. Ils arrivèrent en train à Dvinsk. De là, Galia rentra chez elle à Velikié-Louki, et Alexeï  regagna Riga. C’était en juillet 1945. A Riga, Alexeï  ne trouva plus personne de sa famille. Sa mère était morte en 1938 ; sa sœur cadette Lucia et son beau-père avaient été déportés en Sibérie en 1941. Lui-même fut interdit de séjour à Riga, mais il se rendit à la section des cadres du comité de ville du Parti, disant qu’il avait travaillé dans la Résistance française et combattu en Espagne. On lui demanda des noms de Lettons qu’il avait connus en Espagne. Il en donna quelques-uns, parmi lesquels Janis Griva qui travaillait alors comme correspondant de la Cīņa. Griva confirma ses dires et hébergea un temps Alexeï. Puis Alexeï fut logé par un autre brigadiste, Rudolf Lācis. Quelque temps plus tard, Alexeï fut rejoint à Riga par Galia mais, au printemps 1946, celle-ci mourut de la tuberculose. Durant cinq ans, Alexeï travailla au Comité exécutif de la ville, une fonction qui exigeait son appartenance au Parti. Il y eut d’abord une certaine tolérance, puis Deglav, le chef du comité exécutif, lui annonça qu’il ne pouvait plus le couvrir et qu’il l’affectait à la radio. Au début de 1953, sa femme Tauba fut congédiée de son travail en pleine campagne antisémite, et l’on suggéra à Alexeï de divorcer dans la mesure où celle-ci était juive. Il refusa de la manière la plus ferme. Alors on le licencia. Il se fit employer comme agronome puis, quelque temps plus tard, se mit à gagner sa vie en faisant des traductions techniques de différentes langues européennes pour des publications spécialisées. Alexeï Nikolaïevitch Kotchetkov était un homme de grande ouverture d’esprit, épris de liberté, affable, fidèle en amitié, honnête jusque dans les moindres détails.  Auditeur inconditionnel de la BBC, de la Voix de l’Amérique et de Radio Liberté, il lisait et diffusait du samizdat. Il avait beaucoup d’amis : des camarades du lycée Lomonossov, des dissidents et des refuzniks, des compagnons de lutte antifascistes, des connaissances de Berlin et de Paris. Il parvint à retrouver de nombreux parents proches et lointains avec lesquels il correspondait et auxquels il rendait visite. Dans le milieu des années 1970, il parvint à émigrer en Nouvelle-Zélande auprès de sa sœur Zina. Il se mit alors à travailler comme jardinier, grâce à ses connaissances en agronomie. Il s’acheta une moto dont il était très fier. Plus il s’installa aux Etats-Unis chez sa fille Véra et, en 1986, revint à Riga où il épousa une vieille amie, Alexandra Vladimirovna Rodionova.

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Éditeur
T&V Media
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Pages
61
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ISBN
9781937124151
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Langage
français
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Genre
Biographie et autobiographie / Patrimoine culturel
Biographie et autobiographie / Historique
Biographie et autobiographie / Militaires
Biographie et autobiographie / Mémoires personnelles
Biographie et autobiographie / Politique
Histoire / Europe / France
Histoire / Europe / Allemagne
Histoire / Europe / Russie et ex-Union soviétique
Histoire / Europe / Espagne et Portugal
Histoire / Militaire / Seconde Guerre mondiale
Histoire / Moderne / 20e siècle
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Alexis Kotchetkov

La guerre civile à peine déclarée en Espagne, l’auteur se fait porter volontaire aux côtés des Républicains. Il se retrouve sur le front de l’Aragon comme servant de fusil-mitrailleur et passe deux mois sur une hauteur à proximité de Huesca, où il est témoin de la mort de nombreux compagnons d’armes. Un certain jour, il voit apparaître sur ses positions Vladimir Konstantinovitch Glinoyedski, ancien colonel d’artillerie de l’armée tsariste, lequel, en sa qualité de conseiller d’artillerie à l’état-major du front de l’Aragon, transfère l’auteur et son camarade Balkovenko dans une batterie de la 27e Division. Par la suite, Glinoyedski insiste pour que l’auteur soit nommé interprète auprès des conseillers militaires soviétiques. L’auteur se prend d’un profond respect mêlé d’une immense sympathie pour cet homme d’une grande noblesse de cœur et d’un courage hors pair, accueillant avec beaucoup de peine la nouvelle de sa mort tragique le 27 décembre 1936. À la mi-mars 1938, après la ruine du front de l’Aragon, l’auteur bat en retraite avec les unités de la 31e Division et passe la frontière française du côté de Bagnères-de-Luchon, d’où il ne tarde pas à regagner Paris. Il n’y passe que trois jours, puis revient en Espagne sur le front de Catalogne. En août 1938, promu capitaine, il est envoyé dans la 13e Brigade internationale. À peine arrivé, il est blessé par un éclat de bombe aérienne. Après l’hôpital, il franchit de nouveau la frontière française au début de février 1939, près de Perthus, avec les brigadistes rappelés du Front. Le récit est illustré de 189 photographies dont 70 d’archive pour nombre d’entre elles inédites à ce jour.

Alexis Kotchetkov



Au début de février 1939, l’auteur se retrouve
dans un camp français d’internés sur une plage de sable de Saint-Cyprien. De
là, des brigadistes d’Urss et
d’autres pays ne tardent pas à rentrer chez eux. L’auteur aurait pu tenter de
revenir en Lettonie – dont il possède la nationalité – mais il y renonce parce
qu’il sollicite depuis de nombreuses années l’autorisation de rentrer en Union
soviétique. N’ayant pas oublié les promesses données par les consulats
soviétiques de Paris et de Barcelone, il remplit des demandes de visa pour l’Urss. Pas de réponse. En avril, il est
transféré avec d’autres brigadistes dans le camp d’internés de Gurs. Au début
de septembre 1939, peu après l’ordre de mobilisation générale donné en France,
l’auteur et ses camarades se font porter volontaire dans l’armée française sur
la directive du Parti. Mais une contre-directive arrive bientôt et ils
renoncent à leur engagement, ce qui leur vaut d’être sauvagement battus. En
juin 1940, l’auteur atterrit au camp de concentration du Vernet. Après
l’annexion de la Lettonie à l’Urss,
en août 1940, il devient automatiquement citoyen soviétique. L’affaire pourtant
est compliquée par le fait qu’il a laissé son passeport letton à Paris dans les
bureaux de l’Union des amis de la Patrie soviétique au moment de son départ
volontaire pour l’Espagne en août 1936. Au printemps 1941, des recruteurs
allemands font leur apparition dans le camp du Vernet. Sachant qu’il existe un
consulat soviétique à Berlin, l’auteur se fait embaucher en Allemagne.

Alexis Kotchetkov

En mars 1941, l’auteur arrive à Berlin, employé à l’usine de transformateurs AEG. D’abord affecté à des tâches lourdes dans l’atelier de galvanisation, il se voit ensuite muté comme magasinier et porteur de pièces dans l’atelier DS-1 en raison de sa bonne maîtrise de la langue allemande. Cette fonction lui permet de circuler dans différents ateliers de l’usine sans éveiller de soupçons. Il fait la connaissance de nombreux ouvriers dont un tiers d’étrangers. Il gagne petit à petit la confiance de Josif Gnat de Trebnitz, de l’Italien Mario et du Français Jospeh, ainsi que de Friedrich Murawske, magasinier de l’atelier DS-3. Peu après son arrivée à Berlin, l’auteur dépose au consulat soviétique une demande de retour au pays. N’ayant pas de passeport letton, il joint à sa demande ses papiers de brigadiste. Les fonctionnaires du consulat lui promettent de l’aider, mais entre-temps l’Allemagne attaque l’Union soviétique et les diplomates soviétiques sont évacués. Par l’entremise de Friedrich, l’auteur s’implique dans l’organisation clandestine « Innere Front » qui diffuse des tracts et un journal du même nom. L’agent de liaison de cette organisation s’appelle Otto Grabowski. Ce dernier charge l’auteur de militer parmi les étrangers. Dans le cadre de sa mission, l’auteur noue des contacts dans les camps d’ouvriers venus de l’est, les aide à créer des comités et des groupes de sabotage, rédige un appel qui sera reproduit sous la presse rotative de Max, le frère d’Otto. Ce tract est distribué dans les camps. Otto sera remplacé par l’agent de liaison Herbert Grasse. L’auteur écrit alors un appel, Il y aura un deuxième front ! dont la diffusion est empêchée par l’arrestation de Herbert. Profitant d’un congé annuel de dix jours auquel il a droit, l’auteur se rend à Paris en août 1943 pour échapper à l’arrestation.

Elias Zahid
Et si vous étiez possédé ?

Pour bon nombre de musulmans originaires du Maghreb, les Djinns font partie de leur vie. Selon le Coran, Dieu a créé les hommes, les animaux et les Djinns. Ces créatures proches des hommes, esprits bénéfiques ou maléfiques, vivent proche des humains à qui ils peuvent jouer des tours. Elias, élevé en France, est un Musulman pratiquant à l'esprit cartésien et il n'a jamais imaginé être un jour la proie d'un Djinn qui le transforme totalement. Cette possession qu'il raconte ici avec douleur et réalisme le conduira a subir un exorcisme et transformera à jamais sa perception du monde.

L'expérience choquante d'un jeune musulman tentant de vaincre la créature qui l'a possédé.

EXTRAIT :

Il m’a fallu deux années pour retranscrire mon histoire. Ce livre n’est pas seulement un témoignage hors du commun, c’est aussi une thérapie. Chaque seconde, minute et heure avait sa place dans ce récit. Il était impensable de passer certains moments sous silence au profit d’autres. J’ai donc tenté de ne rien omettre, et certains passages m’ont été rapportés par des proches présents au moment des faits. Tout est exact, sauf les noms, qui furent changés par respect de la vie privée.
Cet été 2005 sera à jamais gravé dans ma mémoire : c’était en juillet, et les vacances commençaient bien. J’étais loin de penser que ma vie était sur le point de devenir un vrai cauchemar qui durerait les trois années à suivre. L’été ne sera plus l’été, le soleil ne sera plus le soleil, la vie ne sera plus la vie. Et l’amour ? Je ne veux pas y penser. Pour comprendre cette expérience, le monde entier doit savoir que certaines choses considérées comme paranormales - taboues faute de témoignage, ou par peur de l’inconnu - sont bel et bien réelles. J’en suis la preuve vivante. Et même s’il n’existe aucune médecine capable de combattre ou d’expliquer ce mal, j’espère que cette histoire ouvrira les yeux du monde sur ces choses inexplicables qui arrivent pourtant.
Il y a quatre ans de cela, je venais d’obtenir mon diplôme de commerce international et ma soeur, qui vivait à Lyon, m’avait proposé de la rejoindre. Après un an passé dans cette magnifique ville, j’ai appris que mes parents déménageaient et qu’il me fallait les suivre pour pallier leur solitude. Ce fut avec un pincement au coeur, mais aussi beaucoup de hâte que j’ai accepté la proposition. Ce fut une décision difficile à prendre, car on me proposait un poste au même moment. J’ai donc décidé de retourner avec mes parents à Belfort, ma ville natale. Une ville si petite qu’on ne peut s’y plaire que si on y est né. Mon amour pour ma famille et cette délicieuse ville valaient beaucoup plus à mes yeux qu’une carrière. Après tout, je n’avais que vingt-quatre ans, la vie m’offrirait bien d’autres opportunités.
Alexis Kotchetkov

La guerre civile à peine déclarée en Espagne, l’auteur se fait porter volontaire aux côtés des Républicains. Il se retrouve sur le front de l’Aragon comme servant de fusil-mitrailleur et passe deux mois sur une hauteur à proximité de Huesca, où il est témoin de la mort de nombreux compagnons d’armes. Un certain jour, il voit apparaître sur ses positions Vladimir Konstantinovitch Glinoyedski, ancien colonel d’artillerie de l’armée tsariste, lequel, en sa qualité de conseiller d’artillerie à l’état-major du front de l’Aragon, transfère l’auteur et son camarade Balkovenko dans une batterie de la 27e Division. Par la suite, Glinoyedski insiste pour que l’auteur soit nommé interprète auprès des conseillers militaires soviétiques. L’auteur se prend d’un profond respect mêlé d’une immense sympathie pour cet homme d’une grande noblesse de cœur et d’un courage hors pair, accueillant avec beaucoup de peine la nouvelle de sa mort tragique le 27 décembre 1936. À la mi-mars 1938, après la ruine du front de l’Aragon, l’auteur bat en retraite avec les unités de la 31e Division et passe la frontière française du côté de Bagnères-de-Luchon, d’où il ne tarde pas à regagner Paris. Il n’y passe que trois jours, puis revient en Espagne sur le front de Catalogne. En août 1938, promu capitaine, il est envoyé dans la 13e Brigade internationale. À peine arrivé, il est blessé par un éclat de bombe aérienne. Après l’hôpital, il franchit de nouveau la frontière française au début de février 1939, près de Perthus, avec les brigadistes rappelés du Front. Le récit est illustré de 189 photographies dont 70 d’archive pour nombre d’entre elles inédites à ce jour.

Alexis Kotchetkov

En mars 1941, l’auteur arrive à Berlin, employé à l’usine de transformateurs AEG. D’abord affecté à des tâches lourdes dans l’atelier de galvanisation, il se voit ensuite muté comme magasinier et porteur de pièces dans l’atelier DS-1 en raison de sa bonne maîtrise de la langue allemande. Cette fonction lui permet de circuler dans différents ateliers de l’usine sans éveiller de soupçons. Il fait la connaissance de nombreux ouvriers dont un tiers d’étrangers. Il gagne petit à petit la confiance de Josif Gnat de Trebnitz, de l’Italien Mario et du Français Jospeh, ainsi que de Friedrich Murawske, magasinier de l’atelier DS-3. Peu après son arrivée à Berlin, l’auteur dépose au consulat soviétique une demande de retour au pays. N’ayant pas de passeport letton, il joint à sa demande ses papiers de brigadiste. Les fonctionnaires du consulat lui promettent de l’aider, mais entre-temps l’Allemagne attaque l’Union soviétique et les diplomates soviétiques sont évacués. Par l’entremise de Friedrich, l’auteur s’implique dans l’organisation clandestine « Innere Front » qui diffuse des tracts et un journal du même nom. L’agent de liaison de cette organisation s’appelle Otto Grabowski. Ce dernier charge l’auteur de militer parmi les étrangers. Dans le cadre de sa mission, l’auteur noue des contacts dans les camps d’ouvriers venus de l’est, les aide à créer des comités et des groupes de sabotage, rédige un appel qui sera reproduit sous la presse rotative de Max, le frère d’Otto. Ce tract est distribué dans les camps. Otto sera remplacé par l’agent de liaison Herbert Grasse. L’auteur écrit alors un appel, Il y aura un deuxième front ! dont la diffusion est empêchée par l’arrestation de Herbert. Profitant d’un congé annuel de dix jours auquel il a droit, l’auteur se rend à Paris en août 1943 pour échapper à l’arrestation.

Alexis Kotchetkov



Au début de février 1939, l’auteur se retrouve
dans un camp français d’internés sur une plage de sable de Saint-Cyprien. De
là, des brigadistes d’Urss et
d’autres pays ne tardent pas à rentrer chez eux. L’auteur aurait pu tenter de
revenir en Lettonie – dont il possède la nationalité – mais il y renonce parce
qu’il sollicite depuis de nombreuses années l’autorisation de rentrer en Union
soviétique. N’ayant pas oublié les promesses données par les consulats
soviétiques de Paris et de Barcelone, il remplit des demandes de visa pour l’Urss. Pas de réponse. En avril, il est
transféré avec d’autres brigadistes dans le camp d’internés de Gurs. Au début
de septembre 1939, peu après l’ordre de mobilisation générale donné en France,
l’auteur et ses camarades se font porter volontaire dans l’armée française sur
la directive du Parti. Mais une contre-directive arrive bientôt et ils
renoncent à leur engagement, ce qui leur vaut d’être sauvagement battus. En
juin 1940, l’auteur atterrit au camp de concentration du Vernet. Après
l’annexion de la Lettonie à l’Urss,
en août 1940, il devient automatiquement citoyen soviétique. L’affaire pourtant
est compliquée par le fait qu’il a laissé son passeport letton à Paris dans les
bureaux de l’Union des amis de la Patrie soviétique au moment de son départ
volontaire pour l’Espagne en août 1936. Au printemps 1941, des recruteurs
allemands font leur apparition dans le camp du Vernet. Sachant qu’il existe un
consulat soviétique à Berlin, l’auteur se fait embaucher en Allemagne.

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