Au commencement, l'étonnement. Puis l'émerveillement, qui est la même chose, mais en plus lent, et qui parfois dure des années. David Hubert écrit depuis plus de vingt ans. Non pour dire ce qu'il sait, mais pour approcher ce qu'il ne saura jamais. Il tient la plume comme on tient une bougie dans le vent, en sachant qu'elle peut s'éteindre, en marchant quand même. Un seul chemin, jamais trois. Il passe par la poésie, par la philosophie et par l'enchantement, mais ce sont les mêmes pierres sur le même sentier, la même lumière qui change d'angle selon l'heure. La poésie pour nommer ce qui n'a pas de nom. La philosophie pour dépouiller, aller jusqu'à la pierre nue. L'enchantement pour ne jamais oublier que c'est un visage qu'on cherche, derrière les idées. Il aime les poètes du fragment. Héraclite, qui écrit comme on jette des pierres dans un puits pour entendre le fond sans jamais le voir. Char, Novalis, Joubert. Ceux qui ont accepté qu'une vérité tienne dans dix mots, et que les dix suivants la défont. Il pratique le haïku comme on s'assied. Trois lignes, aucune leçon, et le sens qui naît dans l'espace entre deux choses posées côte à côte. Il faut d'abord se taire assez longtemps pour que le monde consente à se montrer. Depuis 2018, il anime La Voie Poétique, un espace de création et de contemplation où se rejoignent poèmes, haïkus, recensions et plus d'une centaine d'épisodes de podcast consacrés aux grandes voix, de Rimbaud à Pizarnik, de Bashô à Chelsea Wolfe. Il y lit à voix haute, parce que la beauté demande à être entendue, et parce que dans la nature, il en est convaincu, quelque chose écoute. Lire, écrire, transmettre. Le cycle ne se referme pas. Ce n'est pas une roue qui tourne à vide, c'est une source qui jaillit, se répand, retourne à la terre, remonte. Seuls sur les Seuils est son premier recueil publié. Visitez voiepoetique.com