La démesure russe.Mille ans d'histoire

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Ce livre survole les onze cent cinquante années d’histoire qui nous séparent des origines de la Russie. Initialement exposés à de multiples sources d’insécurité que le « joug tartare » des années 1248-1480 illustre parfaitement, les Russes se sont ensuite trouvés embarqués dans une vaste épopée impériale : de quoi sublimer leurs affres en grandeur, ont dit leurs chefs et leurs chantres. Et cela, en dépit du gros retard de développement d’abord créé par le « joug », perpétué ensuite par des modernisations trop politiques pour ne pas rester inachevées.
Au fil des siècles, le pays s’est ainsi éloigné d’une Europe à laquelle il avait appartenu mais qui s’est laissé gagner par la raison et la modernité, tandis que lui-même semblait voué à une orgueilleuse démesure. Pourtant, la Russie change progressivement elle aussi. Et la crise mondiale que nous subissons ensemble pourrait préparer son retour au sein de la famille européenne.
Mieux comprendre la Russie, si proche et si lointaine, en décryptant son histoire : telle est l’ambition de ce nouvel ouvrage de Georges Sokoloff.



Georges Sokoloff est professeur émérite des universités à l’Institut national des langues et civilisations orientales et conseiller au CEPII (Centre d’études prospectives et d’informations internationales). Il a notamment publié L’Economie obéissante (Calmann-Lévy, 1976), The Economy of Detente (Berg, 1987), 1933, l’année noire (Albin Michel, 2000). Il est l’auteur aux éditions Fayard de La Puissance pauvre (1993) et de Métamorphose de la Russie (2003).
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About the author

Georges Sokoloff est professeur émérite des universités à l'INALCO (Institut national des langues et civilisations orientales) et conseiller au CEPII (Centre d'études prospectives et d'informations internationales). Georges Sokoloff a notamment publié L’Economie obéissante (Calmann-Lévy, 1976), The Economy of Détente (Berg, 1987), La Puissance pauvre (Fayard, 1993), 1933, l’année noire (Albin Michel, 2000), et Métamorphose de la Russie (Fayard, 2003).

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Additional Information

Publisher
Fayard
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Published on
Apr 1, 2009
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Pages
374
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ISBN
9782213647692
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Features
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Language
French
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Genres
History / General
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Content Protection
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Ce livre ne serait pas une histoire de la Russie si on n'y trouvait pas des personnages hors du commun, de furieux débats d'idées, des calamités terribles et d'innombrables victimes. Ils sont donc là, de Nicolas Ier _ le tsar à la " sévérité inquiète " _ au secrétaire de charme qu'à été Mikhaïl Gorbatchev; des prises de bec entre slavophiles et occidentalistes aux récents affrontements entre réformateurs radicaux et patriotes réactionnaires; des famines aux guerres mondiales; de la paysannerie martyrisée aux victimes des répressions de masse.

Derrière ces débordements épiques, on trouve, constamment présente, une intrigue. Au XVIIIe siècle, on parlait déjà de la Russie comme du colosse aux pieds d'argile. Et ce qui n'a pas cessé de frapper depuis les observateurs _ russes comme étrangers _ de l'Empire, c'est qu'il n'avait pas les moyens économiques de ses prétentions internationales. Ainsi déséquilibré, le bateau russe a parfois considérablement tangué. Triomphant en 1815, il est en détresse quarante ans plus tard, à l'issue de la petite guerre de Crimée. Brisé en 1920, il croise avec toute la majesté d'une superpuissance globale en 1975. Moins spectaculaire, mais plus éclairant au fond, est ce qui se passe entre ces grands bouleversements. Tsars et secrétaires parviennent à maintenir la Russie en équilibre bien qu'elle soit _ paradoxe d'autant plus inexplicable qu'il dure longtemps _ un empire sous-développé. Où chercher la clef du mystère? Sans doute dans l'enchaînement de diverses formes d'exploitation _ de l'asservissement tsariste au terrorisme stalinien _ qui ont précisément permis de bâtir la gloire de l'Etat sur l'indigence du peuple.

Aujourd'hui, la puissance pauvre vient de sombrer dans un autre naufrage. S'en remettra-t-elle encore par l'invention d'une nouvelle formule d'exploitation? A moins que la Russie ne change de nature, comme elle avait commencé de le faire entre 1861 et 1913, pour devenir enfin ce que ses habitants voudraient tant qu'elle soit: un pays " normal ".

Georges Sokoloff est professeur des universités à l'INALCO (Institut national des langues et civilisations orientales), conseiller scientifique au CEPII (Centre d'Etudes prospectives et d'informations internationales), consultant à la banque Lazard. Il a effectué d'importantes missions d'assistance technique en Russie au cours des dernières années.
Extrapolant le concept de « traçabilité » aux cultures et civilisations, Georges Sokoloff s’est armé des plus récentes découvertes en paléontologie, paléoanthropologie, et paléolinguistique pour répondre à la question : d’où sont venus nos plus lointains aïeux ? Quels étaient ces « Indo-européens » réputés avoir déferlé depuis la steppe jusqu’à l’extrême pointe occidentale de l’Eurasie ? " [...] la steppe pose bien le problème de la civilisation. Elle symbolise le Danger pour les guetteurs postés à son orée, mais aussi une Promesse pour les errants qui se sont mis en chemin à l’autre bout du passage. En sa qualité de symbole, elle finit toujours par mettre en présence sédentaires et nomades, empires et barbares, sécurité et aventure. Enfin, il faut le dire dès maintenant, mon évasion dans la steppe m’a surtout offert, sans que je m’y attende d’abord, le propos central de ce livre : une découverte, à partager avec le lecteur, de nos hypothétiques autant que probables ancêtres Indo-européens. Je me suis aventuré dans ce domaine de connaissance en amateur éclairé par la fréquentation de disciplines différentes – la soviétologie en a été une – qu’on ne peut pratiquer que muni d’un bon détecteur d’invraisemblances. Amateur enthousiaste, en tout cas. D’où mon audace à réutiliser les passerelles dont je me suis servi dans ma visite des repaires connus des seuls indo-européanistes, pour en proposer l’usage à un public d’« honnêtes gens ». En me disant que ce regard jeté sur un passé peuplé d’êtres immémoriaux, d’incroyables distances et d’énigmes infinies pourrait devenir un thème de réflexions rêveuses. »
Ce livre ne serait pas une histoire de la Russie si on n'y trouvait pas des personnages hors du commun, de furieux débats d'idées, des calamités terribles et d'innombrables victimes. Ils sont donc là, de Nicolas Ier _ le tsar à la " sévérité inquiète " _ au secrétaire de charme qu'à été Mikhaïl Gorbatchev; des prises de bec entre slavophiles et occidentalistes aux récents affrontements entre réformateurs radicaux et patriotes réactionnaires; des famines aux guerres mondiales; de la paysannerie martyrisée aux victimes des répressions de masse.

Derrière ces débordements épiques, on trouve, constamment présente, une intrigue. Au XVIIIe siècle, on parlait déjà de la Russie comme du colosse aux pieds d'argile. Et ce qui n'a pas cessé de frapper depuis les observateurs _ russes comme étrangers _ de l'Empire, c'est qu'il n'avait pas les moyens économiques de ses prétentions internationales. Ainsi déséquilibré, le bateau russe a parfois considérablement tangué. Triomphant en 1815, il est en détresse quarante ans plus tard, à l'issue de la petite guerre de Crimée. Brisé en 1920, il croise avec toute la majesté d'une superpuissance globale en 1975. Moins spectaculaire, mais plus éclairant au fond, est ce qui se passe entre ces grands bouleversements. Tsars et secrétaires parviennent à maintenir la Russie en équilibre bien qu'elle soit _ paradoxe d'autant plus inexplicable qu'il dure longtemps _ un empire sous-développé. Où chercher la clef du mystère? Sans doute dans l'enchaînement de diverses formes d'exploitation _ de l'asservissement tsariste au terrorisme stalinien _ qui ont précisément permis de bâtir la gloire de l'Etat sur l'indigence du peuple.

Aujourd'hui, la puissance pauvre vient de sombrer dans un autre naufrage. S'en remettra-t-elle encore par l'invention d'une nouvelle formule d'exploitation? A moins que la Russie ne change de nature, comme elle avait commencé de le faire entre 1861 et 1913, pour devenir enfin ce que ses habitants voudraient tant qu'elle soit: un pays " normal ".

Georges Sokoloff est professeur des universités à l'INALCO (Institut national des langues et civilisations orientales), conseiller scientifique au CEPII (Centre d'Etudes prospectives et d'informations internationales), consultant à la banque Lazard. Il a effectué d'importantes missions d'assistance technique en Russie au cours des dernières années.
Extrapolant le concept de « traçabilité » aux cultures et civilisations, Georges Sokoloff s’est armé des plus récentes découvertes en paléontologie, paléoanthropologie, et paléolinguistique pour répondre à la question : d’où sont venus nos plus lointains aïeux ? Quels étaient ces « Indo-européens » réputés avoir déferlé depuis la steppe jusqu’à l’extrême pointe occidentale de l’Eurasie ? " [...] la steppe pose bien le problème de la civilisation. Elle symbolise le Danger pour les guetteurs postés à son orée, mais aussi une Promesse pour les errants qui se sont mis en chemin à l’autre bout du passage. En sa qualité de symbole, elle finit toujours par mettre en présence sédentaires et nomades, empires et barbares, sécurité et aventure. Enfin, il faut le dire dès maintenant, mon évasion dans la steppe m’a surtout offert, sans que je m’y attende d’abord, le propos central de ce livre : une découverte, à partager avec le lecteur, de nos hypothétiques autant que probables ancêtres Indo-européens. Je me suis aventuré dans ce domaine de connaissance en amateur éclairé par la fréquentation de disciplines différentes – la soviétologie en a été une – qu’on ne peut pratiquer que muni d’un bon détecteur d’invraisemblances. Amateur enthousiaste, en tout cas. D’où mon audace à réutiliser les passerelles dont je me suis servi dans ma visite des repaires connus des seuls indo-européanistes, pour en proposer l’usage à un public d’« honnêtes gens ». En me disant que ce regard jeté sur un passé peuplé d’êtres immémoriaux, d’incroyables distances et d’énigmes infinies pourrait devenir un thème de réflexions rêveuses. »
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