L'avènement de la démocratie (Tome 4) - Le nouveau monde

Editions Gallimard

Que s’est-il passé pour qu’advienne silencieusement, dans le sillage de la crise économique du milieu des années 1970, un monde nouveau dont nul n’avait anticipé les traits ? En quoi consiste au juste sa nouveauté, qui à la fois marque le triomphe du principe démocratique à une échelle jamais vue et rend sa mise en œuvre si problématique ? Telles sont les questions soulevées par la dernière étape en date de l’avènement de la démocratie qui sont au centre de ce livre. Nous vivons la phase ultime de la 'sortie de la religion', la religion ne se résumant pas à la foi personnelle, comme nous la concevons aujourd’hui, mais formant le principe organisateur des sociétés d’avant la nôtre. Ce processus paraissait parvenu à son terme ; il ne l’était pas. Nous nous pensions 'absolument modernes' ; nous en étions encore loin. Nous le sommes brutalement devenus, et cela change tout, des conditions de la coexistence planétaire à l’identité de chacun d’entre nous. Notre organisation politique conservait dans sa forme l’empreinte de la soumission aux puissances venues d’en haut. Celle-ci s’est volatilisée, en révélant une fonction de l’État-nation que nous ne soupçonnions pas et qui en fait le soubassement du monde mondialisé. Nous habitions une histoire que nous pensions toute tournée vers l’avenir. Elle restait hantée par le passé, en réalité, comme le bond en avant de la production du futur nous l’a appris, en donnant à l’économie une place hégémonique dans la vie collective. Les libertés individuelles que nous pensions avoir conquises continuaient secrètement d’être prises dans l’appartenance sociale. L’effacement de cette dernière leur a conféré une autre portée, en faisant apparaître une société des individus qui gravite autour des droits de l’homme. Le paradoxe est que cette formidable avancée des moyens de l’autonomie humaine donne, à l’arrivée, une société qui échappe à ses membres, des démocraties incapables de se gouverner. Une chose est de disposer des instruments qui permettent de maîtriser son destin, une autre est de savoir s’en servir. L’histoire de la libération est derrière nous ; l’histoire de la liberté commence.
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About the author

Marcel Gauchet enseigne à l’École pratique des Hautes études. Entre autres essais, il a récemment publié aux Éditions Gallimard La religion dans la démocratie (Le Débat, 1998, Folio Essais n° 394) et La démocratie contre elle-même (Tel, 2002).

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Additional Information

Publisher
Editions Gallimard
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Published on
Jan 25, 2017
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Pages
770
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ISBN
9782072304323
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Language
French
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Genres
History / Europe / France
History / General
Literary Criticism / General
Political Science / Essays
Political Science / General
Political Science / History & Theory
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How the insane asylum became a laboratory of democracy is revealed in this provocative look at the treatment of the mentally ill in nineteenth-century France. Political thinkers reasoned that if government was to rest in the hands of individuals, then measures should be taken to understand the deepest reaches of the self, including the state of madness. Marcel Gauchet and Gladys Swain maintain that the asylum originally embodied the revolutionary hope of curing all the insane by saving the glimmer of sanity left in them. Their analysis of why this utopian vision failed ultimately constitutes both a powerful argument for liberalism and a direct challenge to Michel Foucault's indictment of liberal institutions.

The creation of an artificial environment was meant to encourage the mentally ill to live as social beings, in conditions that resembled as much as possible those prevailing in real life. The asylum was therefore the first instance of a modern utopian community in which a scientifically designed environment was supposed to achieve complete control over the minds of a whole category of human beings. Gauchet and Swain argue that the social domination of the inner self, far from being the hidden truth of emancipation, represented the failure of its overly optimistic beginnings.

Madness and Democracy combines rich details of nineteenth-century asylum life with reflections on the crucial role of subjectivity and difference within modernism. Its final achievement is to show that the lessons learned from the failure of the asylum led to the rise of psychoanalysis, an endeavor focused on individual care and on the cooperation between psychiatrist and patient. By linking the rise of liberalism to a chapter in the history of psychiatry, Gauchet and Swain offer a fascinating reassessment of political modernity.

Il y a un malheur français, bien spécifique à ce pays : pourquoi sommes-nous les champions du monde du pessimisme et du mécontentement de nous-mêmes ? Pourquoi vivons-nous notre situation, notre place dans l’Europe et le monde, comme un malheur incomparable ?
Marcel Gauchet aborde ce problème d’une façon originale, en procédant d’abord à un vaste examen historique, qui le conduit aux xviie-xviiie siècles, jusqu’à la période immédiatement contemporaine. Au passage, l’auteur analyse en profondeur le règne de De Gaulle et celui de Mitterrand, l’un et l’autre matriciels pour comprendre notre présent.
Puis Marcel Gauchet s’attaque aux ressorts de la société française d’aujourd’hui, dont il dissèque les maux : pourquoi la mondialisation et l’insertion dans l’ensemble européen sont-ils ressentis en France avec une particulière inquiétude ? Pourquoi le divorce entre les élites et le peuple prend-il chez nous ce tour dramatique ? Quelle responsabilité incombe aux dirigeants dans la montée de ce qu’on appelle, sans y réfléchir, « populisme » ? Quel rôle joue, dans le marasme français, le néo-libéralisme auquel Mitterrand a converti la France sans le dire ?
Enfin, l’auteur montre que nous sommes aujourd’hui au plein coeur d’une période d’idéologie, d’autant plus pernicieuse qu’elle n’est jamais repérée pour ce qu’elle est, mais toujours confondue avec le cours obligatoire des choses : il s’agit de l’idéologie néo-libérale, qui va de pair avec la dépolitisation de nos sociétés.
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