Sénèque: Ou la conscience de l'Empire

Fayard


Sénèque, auprès de ceux qui le connaissent mal, a mauvaise réputation. L’image, détestable, que l’on se fait de Néron ternit la sienne. Mais il fut son ministre, excellent aussi longtemps que Néron fut tolérable. Il se retira une fois ce temps révolu.
Mêlé de très près à la vie politique, il avait le souci de maintenir en lui-même et chez ceux qu’il aimait le sens de la liberté intérieure. Il en découvrait le moyen dans la doctrine stoïcienne, qui comptait alors à Rome de nombreux adeptes. Le stoïcisme était une conception totale de tout ce qui existe. Sénèque l’accepte tout entier, mais s’applique à en montrer les implications pour chacun de nous, dans sa vie personnelle, et les remèdes qu’il apporte à la condition humaine.
Interroger l’œuvre de Sénèque c’est suivre pas à pas l’histoire morale du temps qui se déroula entre le règne de Tibère et le mo-ment où Néron entraîna Rome dans la tyrannie et la démence. Nous voyons mûrir une pensée qui vit, une nouvelle fois, pour son compte, les découvertes des philosophes grecs, trois ou quatre siècles plus tôt. Ce qui était resté souvent abstrait et théorique, devient ici la vie même. Sénèque est le témoin d’une prise de conscience, celle des Romains qui, entraînés vers la conquête du monde, découvrent que celle-ci ne sera complète que si eux-mêmes en trouvent la justification dans celle de leur propre intériorité.
Auprès de Sénèque, pendant les mêmes années, le christianisme est en train de se former. Ce siècle sera décisif dans l’histoire de l’âme humaine.
P.G.
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« Rome avait grandi très vite, avec une rapidité que les Romains ne se lassèrent jamais d'admirer, et non sans raison. Ils avouaient bien qu'au début Romulus ne s'était pas embarrassé de scrupules, mais faut-il chicaner un politique lorsqu'il prépare quelque chose d'aussi grand que Rome ? »

Pierre Grimal s'attache à raconter, comme un roman, l'incroyable fortune de la Ville : de sa fondation mythique à la décadence de l'Empire, en passant par la vie du royaume et les grandes heures de la République. Sa compréhension profonde de l'esprit romain fait de nous les témoins de l'évolution de ce monde. Nous pénétrons les motivations tant politiques que philosophiques ou religieuses des hommes qui ont fait son destin. Nous assistons à la naissance et à l'épanouissement de la littérature et de l'art, au développement de l'urbanisme qui firent de Rome la capitale du monde.

L'originalité du texte inédit tient, outre sa valeur scientifique, à son style extrêmement clair, vivant et poétique.

Pierre Grimal, disparu en 1996, fut membre de l'Ecole française de Rome. Professeur de littérature latine à Paris-Sorbonne, membre de l'Institut (Académie des Inscriptions et Belles Lettres), nommé par la Ville de Rome « cultore di Roma » (citoyen de Rome) en 1993, il a donné de nombreuses traductions des classiques. Il est notamment l'auteur du Dictionnaire de la mythologie grecque et romaine (PUF, 1951), de Cicéron (Fayard, 1986), de Marc Aurèle (Fayard, 1991) et de La Littérature latine (Fayard, 1994).
Après tant de livres et d'études consacrés à Cicéron, est-il possible de dire sur lui quelque chose de nouveau? C'est ce qu'a tenté l'auteur, relevant le défi porté autrefois par un illustre philologue allemand, prétendant qu'il était impossible d'écrire un Cicéron. P. Grimal, bien qu'il ait enseigné la littérature latine en Sorbonne pendant de nombreuses années, et répudiant toute prudence, a voulu écrire sur l'illustre Romain un ouvrage qui puisse être lu. Il a relevé ce défi à l'impossible et gagné son pari. Voici un Cicéron qui essaie non pas de porter un jugement de l'extérieur, et, à travers l'épaisseur des siècles, sur l'homme, ou le consul, ou l'orateur, mais qui s'attache à comprendre le personnage lui-même dans sa complexité, ce qu'il a été simultanément.

C'est le moment où Rome devient sensible à la philosophie, et en élabore une qui lui est propre. Le moment où naît l'Empire sur les ruines de la vieille cité-Etat, où la culture, l'éloquence, la préoccupation de la beauté vont devenir le ciment de l'Empire. Cette création, spirituelle autant que politique, a eu pour artisan celui que certains de ses contemporains appelaient avec dédain " l'homme d'Arpinum ". Déchiré, en contradiction parfois avec lui-même, il avait ses racines dans le plus lointain passé, mais ce qu'il apporta au monde devait vivre jusqu'à nous.

Le Cicéron, extraordinairement vivant et attachant, que nous offre P. Grimal, est un témoignage sur une époque, mais avant tout sur un homme que des générations ont caricaturé et défiguré de mille manières.
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Additional Information

Publisher
Fayard
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Published on
Apr 1, 2014
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Pages
508
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ISBN
9782213648057
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Language
French
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Genres
History / General
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