Mes mémoires: 1.-10. sér, Volumes 5 à 6

Calmann Lévy
Loading...

Additional Information

Publisher
Calmann Lévy
Read more
Collapse
Published on
Dec 31, 1863
Read more
Collapse
Pages
654
Read more
Collapse
Best For
Read more
Collapse
Language
French
Read more
Collapse
Content Protection
This content is DRM free.
Read more
Collapse

Reading information

Smartphones and Tablets

Install the Google Play Books app for Android and iPad/iPhone. It syncs automatically with your account and allows you to read online or offline wherever you are.

Laptops and Computers

You can read books purchased on Google Play using your computer's web browser.

eReaders and other devices

To read on e-ink devices like the Sony eReader or Barnes & Noble Nook, you'll need to download a file and transfer it to your device. Please follow the detailed Help center instructions to transfer the files to supported eReaders.
Il Žtait de bonne heure, et cependant il y avait dŽjˆ dans lÕappartement des visiteurs et m�me des visiteuses, qui, quoique v�tues de velours, couvertes de cachemires et attendues ˆ la porte par leurs ŽlŽgants coupŽs, regardaient avec Žtonnement, avec admiration m�me, le luxe qui sÕŽtalait sous leurs yeux.

Plus tard je compris cette admiration et cet Žtonnement, car mÕŽtant mis aussi ˆ examiner, je reconnus aisŽment que jÕŽtais dans lÕappartement dÕune femme entretenue. Or, sÕil y a une chose que les femmes du monde dŽsirent voir, et il y avait lˆ des femmes du monde, cÕest lÕintŽrieur de ces femmes, dont les Žquipages Žclaboussent chaque jour le leur, qui ont, comme elles et ˆ c™tŽ eÕelles, leur loge ˆ lÕOpŽra et aux Italiens, et qui Žtalent, ˆ Paris, lÕinsolente opulence de leur beautŽ, de leurs bijoux et de leurs scandales.

Celle chez qui me trouvais Žtait morte: les femmes les plus vertueuses pouvait donc pŽnŽtrer jusque dans sa chambre. La mort avait purifiŽ lÕair de ce cloaque splendide, et dÕailleurs elles avaient pour excuse, sÕil en Žtait besoin, quÕelles venaient ˆ une vente san savoir chez qui elles venaient. Elles avaient lu des affiches, elles voulaient visiter ce que ces affiches promettaient et faire leur choix ˆ lÕavance; rien de plus simple; ce quene les emp�chait pas de chercher, au milieu de toutes ces merveilles, les traces de cette vie de courtisane dont on leur avait fait, sans doute, de si Žtranges rŽcits.

Malheuresement les myst�res Žtaient morts avec la dŽesse, et, malgrŽ toute leur bonne volontŽ, ces dames ne surprirent que ce qui Žtait ˆ vendre depuis le dŽc�s, et rien de ce qui se vendait du vivant de la locataire.

Du reste, il y avait de quoi faire des emplettes. Le mobilier Žtait superbe. Meubles de bois de rose et de Boule, vases de S�vres et de Chine, statuettes de Saxe, satin, velours et dentelle, rien nÕy manquait.

Je me promenai dans lÕappartement et je suivis les nobles curieuses qui mÕy avaient prŽcŽdŽ. Elles entr�rent dans une chambre tendue dŽtoffe perse, et jÕallais y entrer aussi, quand elles en sortirent presque aussit™t en souriant et comme si elles eussent eu honte de cette nouvelle curiositŽ. Je nÕen dŽsirai que plus vivement pŽnŽtrer dans cette chambre. CÕŽtait le cabinet de toilette, rev�tu de ses plus minutieux dŽtails, dans lesquels paraissait sÕ�tre dŽveloppŽe au plus haut point la prodigalitŽ de la morte.

©2019 GoogleSite Terms of ServicePrivacyDevelopersArtistsAbout Google|Location: United StatesLanguage: English (United States)
By purchasing this item, you are transacting with Google Payments and agreeing to the Google Payments Terms of Service and Privacy Notice.