ça va mal finir

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« C’est un gosse qui s’émerveille de la multitude de ses jouets. C’est dimanche. C’est Noël. C’est la fête. Il est assis au pied du sapin et il hésite un instant : quel est le cadeau qu’il faut ouvrir en premier ? Celui-là, tout près, avec un beau ruban ? Il s’en empare : un gros avion envoyé par Bush, on tourne la clef et il bombarde le salon. Un autre là-bas ? C’est une centrale nucléaire, un modèle réduit pour chinois débutants. Et puis cette multitude de petits paquets qu’il découvre fébrilement : un grand Mickey en plastique, un journaliste à plat ventre, plusieurs Guaino en peluche et des bons d’achats dans un catalogue du M.E.D.E.F. : croisière sur le Nil, abonnement à T.F.1, Star’Ac à l’Elysée, petits flacons pour tests A.D.N... Il n’en finit pas de découvrir sa joie. Où sont les photographes ? Il appuie sur la multitude des boutons, noirs, rouges, bleus, offerts par le grand frère Hortefeux. Fillon arrive croyant que c’est lui qu’on appelle. Trépignements, colères : dehors ! Remaniement vite fait. Le petit garçon est aux anges... On était au matin du septième jour. Dieu vit que cela était bon et il décida de se reposer. Mais il ne s’est pas vraiment reposé ! Et cela a continué le huitième, le neuvième, le dixième jour... Sans cesse. La création du monde n’était jamais terminée. Et le public en redemandait. C’est normal. Quand on choisit de préférence le public du Crazy Horse, il ne faut pas s’étonner que la demande l’emporte sur l’offre. Dans ce domaine il y a de très beaux métiers : DJ, crooner, animateur télé, cracheur de feu, rappeur. Cela n’a rien de déshonorant. C’est même mieux que « Petit père des Peuples ». C’est surtout moins dangereux... »
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About the author

François Léotard, aujourd’hui retiré de la vie politique, a été ministre de la Culture et ministre de la Défense. Il est l’auteur chez Grasset de plusieurs romans, dont La couleur des femmes (2002), La Vie mélancolique des méduses (2005), Le Silence (2007), et de récits qui furent des succès de librairie, entre autres : A mon frère qui n’est pas mort (2002) et Ça va mal finir (2008).

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Additional Information

Publisher
Grasset
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Published on
Mar 5, 2008
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Pages
140
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ISBN
9782246737995
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Features
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Language
French
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Genres
Literary Collections / General
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« Nous, les méduses, on n'existe pas vraiment. Que l'on vive, que l'on meure, que l'on disparaisse, cela ne laisse aucune trace. C'est la règle du jeu. Nous ne savons pas les noms de ceux qui nous donnent des ordres, ni a fortiori l'identité de ceux qui les emploient. Payés en liquide, nous sommes des fugitifs, insensibles, visqueux, sans visage. Nous gérons la vie des profondeurs. Assez semblables en cela aux agents de nettoiement qui font disparaître dans la nuit ce qui doit être éliminé. Nous sommes au début de la vie comme l'ont été les premières molécules. Ou bien tout à la fin, lorsque la vie elle-même se rétracte dans les yeux d'un homme qui va mourir, lorsqu'elle se limite aux déchets, aux aspirations détruites. Pas d'identité non plus. La vie quotidienne, en dehors des missions, est d'une grande douceur. On se sert sur la bête. Comme les enveloppes sont toujours un peu lourdes, on prend un pourcentage pour les vieux jours, on met de côté comme on l'entend. Il n'y a pas d'impôts. Nous ne sommes pas plus voleurs que d'autres. Drôle de métier quand même, métier d'un monde inversé, passé sous silence, inconnu des journaux et des juges, des parlements et des ambassades, métier de mort au service de causes indéchiffrables, présentées comme des raisons d'Etat. » On l'aura compris : la Méduse est un agent dormant au service de l'Etat avec autorisation de tuer. De l'ex-Yougoslavie à Israël, d'une clinique feutrée aux charniers serbes, François Léotard est ici du côté de John Le Carré.
" Depuis que j'ai quitté le Liban pour m'installer en France, que de fois m'a-t-on demandé, avec les meilleures intentions du monde, si je me sentais " plutôt français " ou " plutôt libanais ". Je réponds invariablement : " L'un et l'autre ! " Non par quelque souci d'équilibre ou d'équité, mais parce qu' en répondant différemment, je mentirais. Ce qui fait que je suis moi-même et pas un autre, c'est que je suis ainsi à la lisière de deux pays, de deux ou trois langues, de plusieurs traditions culturelles. C'est cela mon identité ? "
Partant d'une question anodine qu'on lui a souvent posée, Amin Maalouf s'interroge sur la notion d'identité, sur les passions qu'elle suscite, sur ses dérives meurtrières. Pourquoi est-il si difficile d'assumer en toute liberté ses diverses appartenances ? Pourquoi faut-il, en cette fin de siècle, que l'affirmation de soi s'accompagne si souvent de la négation d'autrui ? Nos sociétés seront-elles indéfiniment soumises aux tensions, aux déchaînements de violence, pour la seule raison que les êtres qui s'y côtoient n'ont pas tous la même religion, la même couleur de peau, la même culture d'origine ? Y aurait-il une loi de la nature ou une loi de l'Histoire qui condamne les hommes à s'entretuer au nom de leur identité ?
C'est parce qu'il refuse cette fatalité que l'auteur a choisi d'écrire les Identités meurtrières, un livre de sagesse et de lucidité, d'inquiétude mais aussi d'espoir.

Amin Maalouf a publié les Croisades vues par les Arabes, ainsi que six romans : Léon l'Africain, Samarcande, les jardins de lumière, le Premier siècle après Béatrice, le Rocher de Tanios et les Echelles du Levant.
« A Fréjus, il y avait la plage sur laquelle, pendant longtemps tu as régné. Dans ma mémoire, cette plage des années cinquante est encore à peu près déserte. Notre peau était encore plus méditerranéenne que la mer. Elle brunissait au fil de l'été, le sable s'accrochait aux cheveux, nos sexes étaient salés et les filles s'allongeaient comme des royaumes. » Ce livre intime fait entendre deux voix : l'une est celle de François écrivant une lettre tendre ou blessée à son frère aîné Philippe, en une plongée dans la mémoire familiale, entre une mère corse et un père au service de la République. Il l'apostrophe à travers le temps, se souvient des chamailleries d'adolescent, des brûlures de l'été, des études, puis du comédien, du clown triste, du Capitaine Fracasse au théâtre, du personnage public qui s'éloigne, prend la nuit comme compagne, et se perd, à jamais, dans la drogue et l'alcool. L'autre voix, celle de François Léotard l'auteur, cherche à comprendre l'être humain, trop humain : celui qui aimait à citer « Qui va à sa perte, sa perte l'accueille » mais chantait et écrivait, jouait avec Ariane Mnouchkine, montait une pièce de Bernard-Marie Koltés avec Patrice Chéreau, ou recevait le César de la meilleure interprétation pour La balance. L'homme quitté par Nathalie Baye, le séducteur qui aimait trop facilement, devenait père à son tour, et continuait pourtant de flirter avec les moyens d'en finir. Ce livre inclassable, émouvant, n'est pas une biographie de Philippe Léotard, comédien, chanteur, mort le 25 août 2001. D'une voix l'autre, l'auteur nous fait osciller entre l'enquête et le journal intime, le souvenir et la rencontre, avec Michel Piccoli ou Patrice Chéreau, entre le portrait d'un frère qui refuse de mourir et l'autoportrait de l'auteur, qui se demande s'il a su l'aimer.
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