Le principe de la séparation de l'Église et de l'État semble aujourd'hui naturel aux chrétiens évangéliques, mais il ne l'était pas pour les premiers réformateurs protestants : Calvin plaidait plutôt pour une collaboration étroite entre les deux entités. Si en Amérique l'idée s'est développée dès la fin du dix-septième siècle, avec le baptiste Roger Williams, en francophonie elle a connu son avocat le plus emblématique un siècle plus tard, avec le Suisse Alexandre Vinet (1797-1847). Raconter sa vie, c'est entrer dans les détails de l'histoire religieuse de son pays, mais c'est aussi être capable d'estimer la place de Vinet dans le monde littéraire, car il fut un brillant critique, partout apprécié en Europe pour la finesse de ses analyses, un vrai écrivain et poète. Son compatriote Eugène Rambert (1830-1886), lui-même théologien, auteur de beaux ouvrages et de recueils de poésies, était particulièrement qualifié pour écrire sa biographie. Composée en grande partie de lettres, d'extraits de journal et de discours, elle force la sympathie du lecteur à la vue de tant de difficultés, de souffrances physiques et morales, humblement traversées par cette âme fragile et délicate, mais indéfectiblement soutenue par la foi en Jésus-Christ.
Le principe de la séparation de l'Église et de l'État semble aujourd'hui naturel aux chrétiens évangéliques, mais il ne l'était pas pour les premiers réformateurs protestants : Calvin plaidait plutôt pour une collaboration étroite entre les deux entités. Si en Amérique l'idée s'est développée dès...